1. D'une superficie d'environ l 700 000 km2 , le Québec est immense. Il pourrait contenir trois fois la France ou cinq fois le Japon. Du sud au nord, le Québec s'étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude et de l'est à l'ouest, sur plus de 22 degrés de longitude. La densité de sa population est très faible, avec 4,7 habitants par kilomètre carré. Ce chiffre est toutefois peu significatif en raison de l'immensité du territoire et du fait que le nord du Québec est presque inhabité, avec seulement 35 000 habitants, et que 80 % de la population vit près des rives du Saint-Laurent.
Au sud, le climat est tempéré. Quatre saisons s'y succèdent : un printemps doux, un été souvent chaud, un automne coloré mais parfois frisquet, ainsi qu'un hiver blanc et froid que les Québécois ont appris à apprivoiser. Les zones habitées voisinent avec la forêt de feuillus et la forêt mixte. Plus au nord, la végétation est dominée par une forêt de conifères dont la densité va en diminuant. Enfin, l'extrême nord du territoire connaît les rigueurs d'un climat arctique et une végétation de toundra.
Ce vaste territoire contient plus d'un million de lacs et de cours d'eau. Le plus important, le fleuve Saint-Laurent, traverse le Québec d'ouest en est sur plus de 1 000 km avant de se jeter dans l'Atlantique.
Le fleuve Saint-Laurent
Le fleuve Saint-Laurent est l'un des fleuves les plus importants d'Amérique du Nord. Il prend sa source dans les Grands Lacs, aboutit à un vaste estuaire et au golfe du Saint-Laurent, pour finalement se jeter dans l'Atlantique. Long d'environ 1 200 kilomètres, c'est l'une des plus grandes voies navigables du monde et le principal axe fluvial du continent nord-américain.
Cet immense fleuve atteint 65 km de largeur dans son estuaire. Véritable brèche menant droit au coeur de l'Amérique, il marque la frontière entre les États-Unis et le Canada sur environ 200 kilomètres.
Au Canada, le fleuve est aménagé pour la navigation sur tout son cours; il forme alors la Voie maritime du Saint-Laurent, inaugurée en 1959. En reliant l'océan Atlantique au vaste bassin des Grands Lacs, la Voie maritime ouvre un parcours navigable de 3 800 km; elle permet d'atteindre les Prairies, dans l'Ouest, et les grands centres industriels du Canada et des États-Unis.
Artère de vie pour la flore, la faune et l'humain, le Saint-Laurent s'élargit en plusieurs lacs peu profonds. Il s'étire dans des herbiers et des marais, inonde des forêts riveraines. C'est le bassin de drainage de presque tous les cours d'eau du Québec situés en régions habitées, de sorte qu'il compte plus de 100 affluents. On dénombre aussi plus de 500 îles dans le Saint-Laurent.
On peut le diviser en trois grandes sections :
le fleuve proprement dit (du lac Ontario au lac Saint-Pierre);
l'estuaire (jusqu'à Pointe-des-Monts);
le golfe (jusqu'au détroit de Cabot).
Les marées commencent à se faire sentir à la hauteur du lac Saint-Pierre, mais elles sont vraiment importantes à la hauteur de Québec.
Rappelons que les marées sont le mouvement régulier et périodique des eaux de la mer, montant et descendant deux fois par jour dans un même lieu. Ce mouvement est provoqué par l'attraction de la Lune et du Soleil. La Lune exercerait une attraction sur les masses d'eau océaniques, provoquant une sorte de gonflement qui se propage à la surface des océans. L'attraction exercée par le Soleil est beaucoup plus faible en raison de son éloignement.
Le rétrécissement de l'estuaire, combiné au rehaussement des fonds, fait augmenter l'ampleur de la marée en direction de Québec. Une des caractéristiques des marées dans l'estuaire est que les niveaux d'eau s'élèvent plus vite qu'ils ne redescendent.
Un peu d'histoire
Avant l'arrivée des Européens le fleuve était au coeur de la vie des premiers habitants; il était même pour les Amérindiens une divinité bienfaisante. Ils établissaient des villages sur ses rives, se nourrissaient de poissons, chassaient les oiseaux et les mammifères qui fréquentaient ses rives, voyageaient sur ses eaux.
Au 17e siècle, le fleuve Saint-Laurent était devenu un axe majeur de navigation pour les Européens. Les premiers établissements fondés en Nouvelle-France se situaient tous sur ses rives.
Si la géographie du Saint-Laurent a favorisé le développement du Québec d'aujourd'hui, elle le plaçait également en première ligne en ce qui a trait aux risques environnementaux. Des déchets urbains du début de la colonie aux rejets des papetières, en passant par les fertilisants organiques et les déchets liquides toxiques des industries, on a assisté à une détérioration du fleuve.
Études scientifiques, programmes d'éducation populaire, manifestations se sont succédé à partir des années 1960 et ont débouché sur des actions concrètes.
Ainsi, le programme d'assainissement des eaux du Québec , sous la responsabilité du ministère des Affaires municipales depuis 1994, vise à permettre à 98 % de la population desservie par un réseau d'égout de voir ses eaux usées traitées à la fin du programme, prévue pour le 31 décembre 1999.
Dans le cadre de ce programme, maintenant appelé Programme d'assainissement des eaux municipales (PADEM), la Société québécoise d'assainissement des eaux, créée en 1980, exerce différents mandats liés à la construction, au financement et à l'exploitation des ouvrages d'assainissement des eaux. Elle exécute également des travaux en matière d'égout, de recherche en eau et de traitement de l'eau potable.
Par ailleurs, en 1988 le Canada et le Québec lançaient le Plan d'action Saint-Laurent. La deuxième phase du plan, qu'on a appelée « Saint-Laurent Vision 2000 », est caractérisée par une approche écosystémique. En plus de réduire les rejets liquides toxiques dans le fleuve, elle a pour objectif de conserver et de réhabiliter les habitats naturels.
On redécouvre maintenant le fleuve, sa beauté, son importance en tant que milieu naturel.
Les armoiries
Adoptées par mandat de la reine Victoria en 1868, les armoiries ont été modifiées par le gouvernement du Québec en 1939. Sur l'écu : - trois fleurs de lis d'or sur champ d'azur, souvenir du premier régime politique, à l'époque de la Nouvelle-France; - un léopard d'or, symbole de la Couronne britannique, qui correspond au deuxième régime politique du pays; - une branche d'érable à triple feuille, image d'un des principaux produits naturels du Québec. Au-dessus de l'écu, un listel porte la devise emblématique du Québec, Je me souviens.
La devise du Québec
La devise du Québec figure officiellement au bas des armoiries du Québec depuis 1939 mais elle était déjà utilisée depuis 1883, fruit de l'imagination et de l'initiative du concepteur de l'Hôtel du Parlement.
En effet, Eugène-Étienne Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l'Hôtel du Parlement et d'inscrire, sous ces armes, une devise de son cru, «Je me souviens». Il prépara des plans à cette fin et ils furent annexés au contrat de construction passé le 9 février 1883 sous l'autorité d'un arrêté en Conseil exécutif du 22 janvier de la même année. C'est ainsi que la devise imaginée par Eugène-Étienne Taché a été «ratifiée» par le gouvernement québécois.
Les armes que l'on peut observer au-dessus de la porte principale de l'Hôtel du Parlement ne sont cependant pas celles que Taché a conçues. La base de la tour centrale a fait l'objet de réparations majeures, au début des années soixante, et on a malheureusement remplacé les armes qui s'y trouvaient depuis la construction de la façade, au milieu des années 1880, par celles qui sont en vigueur depuis 1939.
Que signifie la devise «Je me souviens»? Plusieurs auteurs ont cherché le sens profond de cette phrase peut-être trop simple.
André Duval y voit la réponse d'un sujet canadien-français à la devise du marquis Lorne, gouverneur général du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l'Hôtel du Parlement: «Ne obliviscaris» («Gardez-vous d'oublier»). Conrad Laforte croit que Taché s'est inspiré du Canadien errant d'Antoine Gérin-Lajoie («Va, dis à mes amis/Que je me souviens d'eux»). Ces interprétations récentes (année 1970) semblent avoir perdu contact avec celles qui circulaient au tournant du siècle chez des contemporains du concepteur de la devise et qui ont peut-être plus de chances de coller à sa pensée qu'il n'a malheureusement jamais mise sur papier.
Le juge Jetté, dans un discours de 1890, évoquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855: «Oui, je me souviens, ce sont nos gens». D'après Pierre-Georges Roy, cette devise dit «clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne». L'opinion d'Ernest Gagnon, enfin mérite qu'on s'y arrête puisqu'il était le secrétaire du département des Travaux publics à l'époque et qu'il a bien connu Taché. Dans une annexe au rapport annuel du département, Gagnon a écrit que cette devise résume admirablement «la raison d'être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération».
L'interprétation de Gagnon est probablement très proche des intentions de Taché. En concevant la décoration de l'Hôtel du Parlement, ce dernier voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont marqué l'histoire du Québec. Il ne faut probablement pas chercher plus loin: ce monument tout entier est dédié à l'histoire du Québec et, par cette devise, Taché ne voulait qu'exprimer en quelques mots ce qu'il avait prévu d'inscrire dans la pierre, le bois et le bronze.
« Québec » vient d'un mot *algonquien* (peut-être algonquin, mais pas nécessairement; mais c'est de la même famille de langues) qui signifie « passage rétréci » (ou quelque chose comme « là où le fleuve se rétrécit »). Une vieille légende (dont les historiens rejettent trop souvent le fondement, car elle est poétique et nourrit notre rêve collectif sans faire de tort à personne) veut que Champlain, après avoir débouché de l'embranchement est du St-Laurent, à la pointe sud de l'île d'Orléans, sur cette vaste échancrure que domine le cap Diamant, se serait écrié : « Qué bec ! » (« Quel bec ! »), ce qui est vraiment la réciproque de ce que le mot veut vraiment dire en langue amérindienne.