À proximité de l'île de Gros-Cacouna se profile une petite anse où se jette un ruisseau.
Vers 1766, des pêcheurs installés tout près du coteau se construisirent une fontaine sur une des sources afin d'y puiser l'eau claire.
Lorsque les bateaux accostaient pour embarquer les barils de poissons salés (saumons et harengs) des pêcheurs, l'équipage en profitait pour renouveler sa provision d'eau potable.
Les chaloupiers et les navigateurs prirent également l'habitude de faire escale à la Fontaine Claire.
L'isle de Cacona, habitée la première, céda son nom à toute la seigneurie et ce nom fut officialisé lors de la création de la paroisse sous le vocable de Saint-Georges de Kakouna.
C'est ainsi que dans ce havre naturel que les premiers colons débarquèrent leurs biens meubles pour s'établir à proximité; et ils y venaient régulièrement quérir de l'eau en longeant le rocher de la grève au bas de leurs terres. Ce sentier (passage) devint, au cours du XVIIIe siècle, un chemin de commodité usuel (aujourd'hui rue de la Falaise et de la grève).
Les pionniers, devant ce va-et-vient incessant, baptisèrent l'endroit la Fontaine Claire. Bien plus, en1785, dans une requête adressée à l'évêque afin d'être définitivement rattachée à la paroisse de L'Isle-Verte, les habitants choisirent ce lieu comme limite territoriale d'une future paroisse..
Trois ans plus tard, même après le rejet de cette demande par les autorités religieuses, certains d'entre eux, comme Michel Guéret, dit Dumont, se disaient de Cacona paroisse de lile Verte tandis qu'un de ses voisins, Michel Ouelet, déclarait, en 1796, qu'il possédait une terre sise dans la paroisse de Saint-patris Seigneurie de Rivière-du-Loup au premier Rang nommé la fontaine claire.
Pendant plus d'un siècle, ce lieu-dit, fut couramment cité dans les actes notariés, lors de ventes ou d'échange de bateaux. Cette appellation fut aussi reconnue par les officiers du gouvernement et répertoriée sur différentes cartes autant maritimes que territoriales.
Toutefois la construction du quai de Cacouna (1891) accéléra la disparition de ce nom, car les méthodes de chargement furent modifiées: on ne transbordait plus de marchandises au Havre de Kacouna, au lieu nommé la Fontaine Claire, mais au quai du même endroit: de plus, puiser de l'eau à cet endroit ne s'avérait plus nécessaire et on ne vint à délaisser l'usage.
Seuls les anciens écrits en témoignent et quelques rares personnes se souviennent encore de s'y être désaltérées.
Au tout début de la prise de possession des seigneuries LeParc et Villeray, les pionniers, à même la forêt, taillèrent leurs concessions sur le premier rang.
Dès l'amorce de la colonisation, cinq lieux en bordure du Saint-Laurent se démarquèrent et, à chaque endroit, une poignée d'hommes et de femmes de Cacona, de l'Anse-au-Persil, du Bord de l’eau, de la Rivière-des-Vases ou de la Fontaine Claire.
Tiré du Dossier - Journal ÉPIK de Cacouna, Juin 2000 par Lynda Dionne et Georges Pelletier.