Les débuts du Couvent

Bienvenue aux anciennes du Couvent de Cacouna

Cinquantième anniversaire du couvent en 1907La cloche du petit Couvent de Cacouna répand dans la région témiscouataine et au-delà, ses notes joyeuses et convoque toutes les anciennes élèves au grand ralliement du CENTENAIRE, à leur ALMA MATER.
La vieille cloche d'airain, de sa voix un peu vieillotte, prend aujourd'hui une note joyeuse . . .
Elle appelle et attend, et cela avec émotion, elle va vous revoir comme aux beaux jours de votre jeunesse.
Venez, chères anciennes, venez revivre des heures charmantes. Votre vieux Couvent vous a donné des joies et vous a formées pour la vie, en vous aimant sincèrement . . . Son coeur n'a pas changé .. . Les religieuses qu'il abrite, se sont succédées avec les années; mais toutes ont eu le même idéal: faire de vous des âmes d'élite et des femmes fortes.
Chères anciennes du Couvent CENTENAIRE, vous demeurez sa joie et sa fierté. Il vous regarde avec amour en ce jour de fête et il sent son vieux coeur tressaillir d'une grande joie en voyant les beaux fruits de la semence qu'il a jeté en vos âmes.
Chères anciennes, le VIEUX COUVENT vous souhaite la plus cordiale BIENVENUE...
Oui, soyez toutes les bienvenues.

CARMEN SIROIS,
Présidente de l'AMICALE Marguerite d'Youville du Couvent de Cacouna.

UNE PAGE D'HISTOIRE (les débuts)

La paroisse de Saint-Georges-de-Cacouna, lors de la fondation du couvent en 1857, a un demi-siècle d'existence ; la paroisse a été desservie par voie de mission, de 1806 à 1825.
Monsieur l'abbé Charles Hot fut nommé curé en 1813 comme ses quatre successeurs les RR. MM. J. Lacasse, P. Grenier, J. François Noël et Charles Bégin, avec la desserte des missions environnantes. Monsieur l'abbé Jean-Marie Madran a été le premier curé exclusivement titulaire de Cacouna de 1825-1832.
Monsieur le chanoine J.-C. Cloutier, curé de Cacouna de 1850 à 1887, a été le fondateur du Couvent des Soeurs de la Charité. Sa demande pour la fondation d'un couvent à Cacouna fut faite à Mère Mallet, la fondatrice de l'Institut des Soeurs de la Charité de Québec en 1854. Monsieur le curé Cloutier fit construire lui-même le petit couvent secondé par la générosité de ses paroissiens. Le terrain fut donné gratuitement par MM. J.-B. Beaulieu notaire et M. Pierre Abel Marquis, cultivateur et forgeron. Le 27 mai 1857, les Soeurs de la Charité de Québec acceptent de venir prendre la direction de ce premier couvent détaché de la Maison-Mère de Québec, fondée en 1849.
Il fallait se hâter avant l'automne, car la navigation fermait assez tôt parfois. Le 20 août 1857, monsieur le curé Cloutier se rend à Québec et Mère Mallet lui présente les trois religieuses qui ont été choisies pour la fondation du couvent de Cacouna : Soeur Marie-de-Jésus, supérieure, Soeur Saint-François-Xavier et Soeur Saint-Joseph.
Le départ de Québec fut fixé au 29 août 1857. Mère Mallet vient conduire ses filles elle-même. En plus des trois fondatrices, elle était accompagnée de Soeur Amable et de Soeur Saint-Alphonse. On quitta Québec le soir à 7 heures sur le bateau "May Flower" ; car on ne voyageait pas encore par voie ferrée dans la région du bas du fleuve Saint-Laurent. Le chemin de fer, Grand Tronc, commença à circuler entre Lévis et la Rivière-du-Loup, — alors Fraserville, — en 1860.
Arrivées le lendemain à 10 heures au quai de la Rivière-du-Loup, les six religieuses se rendent à Cacouna en voiture, distance de six milles. Le couvent était construit, mais il n'y avait aucun ameublement. Le tout fut collecté dans la paroisse, meubles, couvertures, produits du jardin. En attendant de vivre chez-elles, les religieuses logent chez madame
Benjamin Dionne, une vraie maman pour les Soeurs en mission et pour les six qu'elle hébergea pendant douze jours. Monseiur Benjamin Dionne avait souscrit deux cents louis pour la construction du couvent.
Le dimanche, 6 septembre, Monsieur le Curé bénit le couvent. Après les vêpres vers 3 heures, précédé des enfants de choeur, accompagné des religieuses et de leurs écoliers et écolières, le pasteur, que suit la foule des paroissiens, se dirige vers le couvent.
A la porte, il fait la remise solennelle des clés à la supérieure ; il veut que celle-ci et ses compagnes y pénètrent les premières. Ensuite a lieu la bénédiction . . . Les gens de Cacouna prennent contact avec les religieuses et visitent le couvent. Le 11 septembre, les soeurs entrent définitivement dans leur couvent et le 15 septembre, elles reçoivent quinze pensionnaires.
Le lendemain, monsieur le curé offre le Saint Sacrifice de la Messe, à l'autel de Marie, dans l'église paroissiale, et un élève prononce un acte de consécration à la Sainte-Vierge. Une chapelle avait été aménagée dans le couvent, mais les bonnes soeurs n'avaient pas encore le privilège d'y conserver le Saint-Sacrement. Cette faveur leur fut accordée le 9 novembre 1858 par Monseigneur C.-F. Baillargeon, Archevêque de Québec.
Le 15 novembre de ce même mois, jour choisi pour la première messe au petit oratoire, monsieur le curé monta à l'autel, assisté de Messieurs les abbés Octave Hébert et Eloi-Victorien Dion, curés de Saint-Arsène et de Saint-Modeste. Monsieur l'abbé Dominique Racine, curé de Rivièredu-Loup, prêcha sur la sainte Eucharistie. Le 10 septembre, Mère Manet et ses deux compagnes retournèrent à Québec.
Le moment du départ fut cruel. En voici un écho ; il vient de Cacouna et il nous fait bien connaître les sentiments qu'éprouvèrent les fondatrices en voyant partir leur Mère fondatrice : "Quel sacrifice pour nous écrit l'une des trois fondatrices de nous séparer d'une Mère qui nous affectionnons de toute notre âme. Elle nous remercia des sentiments d'affection et de soumission que nous lui avons témoignés et elle nous engagea à les reporter sur notre chère Soeur Marie-de-Jésus qui devait la remplacer. Elle nous excita fortement à la dévotion au Sacré-Coeur et à la Sainte Vierge et nous promit de ne point nous oublier dans ses prières." .
La bonne Mère Mallet de retour à la Maison-Mère s'empressa de revenir s'entretenir avec ses trois filles :
"Mes chères soeurs, j'éprouve un si grand désir de vous consoler du sacrifice que vous avez fait de quitter les premières la Maison-Mère, que je me sens disposée à supporter beaucoup plus les fatigues encore pour vous aider. Maintenant, plus la consolation que j'ai eu d'être avec vous là-bas a été grande, plus est grande aussi la peine que j'ai éprouvée à vous quitter.
"Je vous ai laissées, chères soeurs, mais mon pauvre coeur de mère est bien gros et il a bien souffert à cause de vous. Le bon Dieu l'a voulu, résignons-nous à sa sainte et divine volonté. Une mère doit vivre de sacrifices et toujours porter la croix. D'ailleurs, mes chères soeurs, que je sois loin ou près de vous, je vous porte dans mon coeur qui vous chérit tendrement et ne bat que pour votre bonheur.
En retour de mon attachement pour vous, bien chères soeurs, je vous demande une grande application à l'oeuvre de votre perfection et, pour cela, attachez-vous à l'esprit de foi, à la pureté d'intention, à l'humilité, au renoncement, Je vous recommande la ferveur et la fidélité aux exercices de piété, la soumission et la sainte charité" .. .
Le couvent de Cacouna qui a pour mission d'instruire la jeunesse et de l'élever, a son histoire simple et inconnue comme celle d'une fleur des champs, mais beaucoup plus longue : elle est maintenant CENTENAIRE !...
Combien de générations de mères de famille et d'institutrices n'a-t-il pas formées! Son front vénérable porte avec joie et fierté une belle couronne de vocations religieuses écloses sous son influence.
Le petit couvent de Cacouna n'a jamais connu la richesse. On peut dire même qu'il a toujours été pauvre. Si au cours de ses cent ans il s'est vu agrandir de deux ailes, en 1882 et 1920, c'est grâce au dévouement des pasteurs et à la générosité des paroissiens qui ont toujours manifesté une grande sympathie envers les bonnes Soeurs de la Charité.
 

 

En savoir plus sur les Fondatrices du couvent.

Le patrimoine religieux

Centre Marcelle Mallet

Source: Albun souvenir Centenaire de la Fondation du Couvent des Révérendes Soeurs de la Charité de Cacouna par Lambert Closse 1957